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Débat 11.6.22

Situation en Europe de l’Est: «It’s complicated» est un euphémisme

Les participants au débat de Pink-Apple.
Les participants au débat de Pink-Apple.

Lors du festival du film queer Pink Apple, des cinéastes d’Europe de l’Est ont discuté de la situation des personnes LGBT dans leur pays d’origine. A l’invitation de Network, Miłosz Prezepiórkowski de l’organisation LGBT polonaise Lambda y a également participé.

Des cinéastes et des organisateurs de festivals de Hongrie, de République tchèque, de Slovénie et de Pologne étaient présents à la table ronde « It’s complicated – Films et festivals Queer en Europe de l’Est » organisée dans le cadre du festival de films queer Pink Apple. Ils ont parlé des défis et des discriminations auxquels ils sont confrontés dans leur travail.

Activiste engagé bi
Le 2 mai à la Helferei de Zurich, ce ne sont pas seulement des personnes queer issues du cinéma d’Europe de l’Est qui ont discuté : sur invitation de Network, l’activiste bi Miłosz Prezepiórkowski a également participé.

L’invité polonais a permis d’intégrer la situation de guerre actuelle dans la manifestation. Miłosz est en effet le coordinateur du centre d’aide pour les réfugiés LGBT d’Ukraine, actuellement géré par l’organisation LGBT polonaise « Lambda Warszawa ». Il y est également membre du comité.

La Pologne a accueilli près de deux millions de personnes en provenance de ce pays voisin déchiré par la guerre. Grâce à Lambda, la plupart des personnes LGBT sont hébergées par d’autres personnes de la communauté, comme l’a expliqué Miłosz.

Des descriptions oppressantes
« La table ronde a offert de nombreux aperçus intéressants », déclare Peter Christen de la CoPo, qui comptait parmi les quelque 50 personnes présentes dans la salle du public. Un nombre de visiteurs tout à fait élevé si l’on considère que la discussion a été menée en anglais par respect pour certains participants.

Peter estime toutefois que les descriptions étaient parfois « oppressantes ». « Car la situation dans tous ces pays est très déplaisante ». Il a ainsi été question de l’influence répressive de l’Église catholique en République tchèque, mais aussi de la réélection du chef de gouvernement hongrois homophobe Viktor Orbán.

Peu d’espoirs en Pologne
Dans le pays d’origine de Miłosz, la Pologne, on sait même que des « zones sans LGBT » ont été déclarées. C’est surtout la population rurale qui fait preuve d’une extrême homophobie. Ce qui est particulièrement inquiétant : même les positions du parti d’opposition ne donneraient pas de raisons d’espérer à la communauté.

Ainsi, Miłoszs et son équipe de Lambda doivent expliquer aux réfugiés LGBT qui arrivent que leur situation juridique en Pologne est encore pire qu’en Ukraine. Mais cela leur est d’abord égal – l’essentiel est d’être à l’abri des bombes russes.

« Les lois homophobes, les zones sans LGBT : Tout cela, on le connaît par les médias », dit Peter. « Mais quand on entend des témoignages directement de personnes concernées, cela a encore un tout autre poids, une toute autre immédiateté ».

Texte: Silvan Hess
Traduction: Fred Bourdier

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